histoire et patrimoine

Historique

" On connaît Alleuze pour son château, moins pour son église. L’un et l’autre sont modestes, mais le château bénéficie d’un cadre grandiose, sur son piton, surplombant la Truyère domestiquée, et en retour l’église bénéficie de la présence romantique du château. Ensemble ils forment un site touristique et culturel de premier ordre. […] La paroisse d’Elozioe est citée en 1257 (*1) , mais l’église date du XIIe siècle. Il s’agit d’un pôle paroissial isolé, car il n’y a nul village d’Alleuze, mais seulement un château et une église. Le village de La Barge [bourg avec mairie] au sommet des gorges, est doté d’une chapelle plus accessible. On peut supposer qu’un premier château existait à l’époque de la construction de l’église romane " ( *2).

(*1) Cartulaire de Saint-Flour, XL.
(*2) MOULIER (Pierre), Eglises romanes de Haute-Auvergne, III- Région de Saint-Flour, éd. Créer, Nonette, 2001.



Patrimoine et curiosités

Château d'Alleuze

Construction : XIIIe siècle.

" En 1693, le château consistait en un vieux corps de logis et quatre tours d’un petit diamètre. C’est un carré long, à chaque angle duquel se trouve l’une de ces tours, rondes et élevées. Trois d’entre elles avaient des corps-de-garde voûtés au premier et au deuxième étage. Dans l’une on remarquait un trou carré dit les Oubliettes et aujourd’hui comblé ; on avait percé des canonnières de toute part. Au-dessus des caves du corps de logis s’élèvent deux étages. La longueur du bâtiment est de 120 mètres. Il était entouré de deux murs d’enceinte dont on voit encore les restes. L’accès en était difficile, et l’on assure que des souterrains communiquaient au ruisseau du vallon, permettant ainsi de mener les chevaux à l’abreuvage pendant le siège " (*3).

(*3) DERIBIER DU CHATELET, Dictionnaire statistique du département du Cantal, Aurillac, Joseph Floch, imp. éd., 1964, tome I, p. 32 à 34.

Historique

Cité pour la première fois en 1277, le château d‘Alleuze était la possession de l’évêque de Clermont, qui le tenait des Archambault de Bourbon. Cette forteresse fut prise en 1383 par le capitaine de bandes au service des Anglais, Bernard de Garlan, dit " le méchant bossu ". Moyennant une forte indemnité de guerre, ce dernier consentit à rendre la place et à s’éloigner. Mais la menace étant toujours permanente, les habitants de Saint-Flour incendièrent le château en 1405. L’évêque de Clermont, furieux de cette façon d’agir, porta plainte et fit reconstruire l’édifice six ans plus tard par ceux-là mêmes qui l’avaient détruit.

 

Eglise Saint-Illide à Alleuze

Construction : XIe siècle.

De l’église romane, sont conservés l’abside circulaire et le chevet à cinq pans, dépourvu de décoration, avec l’arc triomphal, les murs de la nef, la baie de la troisième travée, côté Sud, et son archivolte, les colonnes supportant les doubleaux ainsi que les pilastres dans lesquels elles sont engagées. Au XVe siècle, deux chapelles sous ogives sont ajoutées. A d’autres époques, les doubleaux de la nef sont refaits, les voûtes primitives sont remplacées par le lambris actuel. Le portail, avec sa voussure à bâtons rompus et ouvert sur le Midi, reste toutefois difficile à dater. Le clocher, plus récent, est placé à l’ouest, monté moitié dans le mur, moitié à l’extérieur. Malgré ses petites dimensions par rapport à l’église, il abrite une cloche datée de 1558. Remarquons parmi le mobilier la statue du patron, Saint-Illide et l’autel, posé sur un tronc d’arbre (*4).

(*4) MOULIER (Pierre), Eglises romanes de Haute-Auvergne, III- Région de Saint-Flour, éd. Créer, Nonette, 2001.



 
Chemin de croix à Alleuze 1923

Chemin érigé au cours d’une mission à l’initiative de l’abbé Batifoulier et béni par le chanoine Saliège, supérieur du Grand Séminaire à Saint-Flour, puis archevêque de Toulouse. Inauguré autrefois par une croix gothique de grand style, située au Sud de l’église et protégée au titre des Monuments Historiques, mais malheureusement volée. Il se compose de treize croix en bois peintes en blanc, et s’achève au sommet par le calvaire, à la Barge, près de la chapelle Saint-Michel.


 

Four de Languiroux
" Occupant une place primordiale dans le quotidien des paysans, le four put être indiviuel ou d’utilisation collective (four banal). Sa construction ne permet pas d’erreurs. Les murs du fournil de faible hauteur supportent un toit à deux pans couverts de tuiles ou de lauzes. Les pierres sont jointées à la glaise. A l’intérieur, des tablettes de bois ou de pierre servent à poser les palhassons, panetons remplis de pâte, et les pains cuits. Le four en forme d’abside est accolé au fournil où se trouve sous le même toit. Certains fours n’ont pas de fournil. On ne cuit pas tous les jours mais environ chaque quinzaine. Quand le pain refroidit, on profite de la chaleur du four pour cuire tartes, pastets et pompas. Ces pâtés de pommes et ces boules de pâte dorée emplissent les lieux d’une odeur inoubliable " (*5) .

(*5) Cantal, Hautes Terres, éditions Bonneton, " Ethnographie" par Daniel Brugès, p. 113.

 

 
Croix de Surgit

" Sur un socle carré, fût de section carrée assez court présentant au sommet un petit chapiteau, dont la base est soulignée par un ruban de perles. Le croisillon, légèrement fleuronné, est pommeté, mais seule la boule de pierre supérieure subsiste, l’extrémité des bras horizontaux ne montrant plus que le trou qui servait à fixer les autres boules (peut-être métalliques, voire en bois).

A l’avers, Christ naïf, bras relevés, côtes très apparentes, pieds croisés. Derrière le visage se voit un nimbe perlé. Revers : Vierge en prière, mains jointes, portant une grande jupe plissée et un voile.
Cette croix, bon témoignage d’un art déjà populaire, peut dater du XVIIIe siècle ou de la fin du XVIIe siècle." (*6)

(*6) MOULIER (Pierre), Croix de Haute-Auvergne, éd. Créer, Nonette, 2003.
 

 

 

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